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1723, Nouvelle Angleterre. Mary Campbell est une jeune orpheline de 17 ans qui quitte le couvent où elle a grandi pour entrer dans le monde. Elle débarque à Old Haven, un petit village côtier près de Salem et se met au service du pasteur Caleb. Très vite, Mary se rend compte que les villageois, le pasteur le premier, cachent de nombreux secrets et paraissent connaître des éléments de son passé. Petit à petit, elle va découvrir qui elle est, d'où elle est vient et pourquoi elle semble si importante aux yeux d'un grand nombre de personnes...

Dès que Mary s'installe à Old Haven, on sait qu'il va se passer quelque chose. Effectivement, le village est le point de départ d'une série d'événements qui vont faire découvrir à Mary ses ancêtres sorcières, l'éveil de sa propre magie et de sa puissance. Elle rencontre des pirates, des sorciers, la secte des dolomites, des dragons.... Des alliés et des ennemis. Je n'en dis pas plus, parce que toutes les questions trouvent réponses au fur et à mesure de la lecture, au même rythme que les découvertes de Mary.

La malédiction d'Old Haven est un livre terriblement dense, tant au niveau des péripéties de l'héroïne qu'au niveau du décor et du contexte de l'histoire. Le fantastique se mêle à l'Histoire et à la technologie (steampunk). Les États d'Amérique sont gouvernés par un empereur fou, qui dispose d'une armée d'Inquisiteurs tyranniques. Les inventions de Léonard de Vinci, telles que les ornithoptères, ne sont pas restés à l'état d'esquisses ; ils sont utilisés par les soldats de l'empereur, notamment pour capturer et tuer des dragons. Les chats ont été remplacés par des chats mécaniques. La Nouvelle Angleterre présente un réseau souterrain gigantesque, une ville appelée Arkham, dans laquelle vivent les Domilites, qui se rendent immortelles grâce à leur contact avec des anciennes divinités monstrueuses... Des domaines historiques sont entièrement revisités, telle que la piraterie, l'Inquisition, le puritanisme, la sorcellerie (Salem) et la magie. Les allusions aux inventions de Léonard de Vinci me donne envie d'ouvrir un livre d'Histoire de l'art pour redécouvrir ces croquis. Les descriptions de la côte est des États-Unis sont splendides et aussi magiques que l'histoire.

Le seul petit bémol que je pourrais évoquer serait la fin, un peu à la va-vite et le choix discutable de l'héroïne. Elle se choisit un compagnon, dont la personnalité et les actes sont quelque peu ambigus. Si on avait pu avoir un peu plus d'informations sur le personnage et si la fin avait été un peu moins rapide... Le livre aurait été parfait !

Un coup de coeur !

Colin Fabrice, La malédiction d'Old Haven, Livre de poche, 2009