199_L230

Anton Malek, prisonnier d'une grotte ardennaise suite à un éboulement, parvient à en sortir après plusieurs jours. Il découvre un monde apocalyptique : les gens sont morts, les bâtiments sont détruits, tout a été carbonisé. Il prend la route pour tenter de trouver des survivants et découvrir jusqu'où cette explosion -nucléaire, tout est irradié- s'étend. Sur son chemin il va brièvement croiser Mélanie Molaix, alias Méduse, avant de tomber sur un groupe de survivants au bord de la mer, à l'emplacement de l'ancienne Côte d'Opale.

La grande nuit est un récit vraiment atypique. Il s'agit en réalité d'un fable, une histoire complètement imaginaire, mais qui expose une morale et qui est ancrée dans le réel. C'est la nature animale de l'homme qui est mise en avant, ses instincts les plus primaires, sa barbarie. L'entraide qui peut se créer après un événement particulièrement grave ne dure que peu de temps. Elle laisse sa place à la haine et à l'individualisme. Ce qu'Adamek nous raconte, c'est ce qui se passe immédiatementaprès une catastrophe planétaire. La confusion, la peur, la tristesse d'avoir tout perdu, l'impossibilité de voir un avenir dans ce monde brisé. Ce pessimisme ambiant, je l'ai gardé longtemps à l'esprit. Certains passages sont particulièrement durs, mais en même temps ils prennent tout leur sens. Pourquoi essayer de maintenir un semblant de civilité alors que le futur n'existe pas ?

ADAMEK André-Marcel, La grande nuit, Espace Nord, 2012

Auteur belge !