indexLe combat ordinaire, je l’ai lu plusieurs fois. À chaque fois, j’ai retrouvé le même enthousiasme pour cette série, son propos, ses personnages, son dessin. Manu Larcenet y raconte quelques années de la vie de Marco, jeune trentenaire, bourru, parfois angoissé, aimant la nature, son chat, sa famille et s’interrogeant sur la vie, son enfance, son travail (il est photographe).

Marco est le héros lambda parfait, dont les questions existentielles sont celles de tout un chacun, à un moment donné de la vie, ou bien au quotidien. Quatre volumes, pas besoin de plus, ils font le tour du personnage, le lecteur le voit évoluer, changer parfois, rester fidèle à lui-même aussi. J’aime beaucoup les ouvrages qui racontent le quotidien de ses héros. Ils sont comme nous, et en même temps uniques. Pas besoin de vivre des aventures extravagantes pour être un héros ordinaire. Et pour Marco, comme beaucoup d’autres êtres humains, la vie elle-même peut être vécue comme un combat.

Haha, dis comme ça, ça sonne hyper commun, et franchement nul. Pourtant, même si je ne  suis pas inspirée dans mon écriture, la vie vécue comme un combat, avec ses hauts et ses bas, c’est ce que raconte cette série. Mais avec beaucoup de simplicité, d’humour et de sensibilité. Je la conseille à tout le monde.

Certaines réflexions qu’a Marco, que ce soit en solitaire ou en discutant avec d’autres, me touchent beaucoup et résonnent parfois comme une vérité. Quelques exemples :

« C’est peut-être là que m’a amené la psychanalyse… Arrêter de vouloir mettre à jour des responsabilités, ça rend les problèmes passionnants. »

«  Tout est mieux avec toi que sans. »

« L’éthique c’est bien, il en faut… Mais c’est un peu comme la logique : c’est trop simple pour intervenir dans les rapports humains. »

Ma préférée : « J’ai longtemps confondu l’artiste et son œuvre. (…) On peut être un grand artiste et un sale con. On peut faire des choses très belles en étant soi-même assez moche. On peut saisir toute la beauté du monde sur du papier, mais n’en jamais faire partie. (…) Mais si l’œuvre est meilleure que l’artiste, pourquoi ne l’améliore-t-elle pas ?"

Et plein d’autres. Lisez, lisez !

LARCENET Manu, Le combat ordinaire, l'intégrale, Dargaud, 2014