61L0r-Wj4KLQue dire de plus par rapport au volume précédent ? Si ce n’est que l’on replonge immédiatement dans l’atmosphère pesante et malsaine du village au cœur de la vallée. J’avais peur d’avoir trop oublié du premier tome, mais dès le début, je me suis souvenue de tout avec la même peine. L’histoire est dure ; comment est-il possible que les tracés de Manu Larcenet parviennent à accentuer cela ? Et pourtant, c’est ce qui se passe. Les petits yeux fuyants, les lourds vêtements, écharpes et bonnets dans lesquels chacun est emmitouflé, la désolation des paysages, la pauvreté de la vie, tout n’est que tristesse.

Je conseille ce diptyque à tous les amateurs de Manu Larcenet pour son formidable travail expressif et sa maîtrise du noir et blanc. Ainsi qu’à toute personne amatrice du genre humain et à ses travers en période de terreur. Encore une fois, même si Le rapport de Brodeck est une fiction, la réalité est telle qu’il paraît s’agir de faits historiques que l’on pourrait présenter comme un devoir de mémoire.

LARCENET Manu, Le rapport de Brodeck, volume 2, Dargaud, 2016